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Par Jean-Pierre LABRU, renshi 7e dan de Kendô

Message du 9 décembre 2014

"Au jeu de go, l'avantage est au spectateur." (un, sans doute vieux, sans doute chinois, proverbe)

Le journalisme spécialisé du Kendô ne couvrant pas tous les événements importants, je me propose de vous faire un petit résumé de la soirée d'hier à SMK.

Passé le sas d'entrée, troquant sa pièce d'identité contre un badge magnétique, j'ai découvert la superbe salle d'entrainement de la SMK au Fort Neuf de Vincennes (qui est Paris en fait).
Un ancien manège, charpenté d'impressionnantes poutres de chêne je suppose, qui fait ressembler la voûte à une cale de bateau retournée. Enfin, c'est comme cela que je me l'imagine...
A propos d'imagination, on voit très bien les chevaux tourner en rond dans cette immense bâtiment.
Un plancher avec un bon rebond mais quelque peu abîmé et disjoint à certains endroits. Une petite séance de collage de scotch plus tard et l'entrainement commençait.

FUJISAWA senseï de l'année, envoyé par la fédération japonaise, déclinait ses Kihon. Tout était principalement basé sur la qualité, et donc l'extrême rigueur, du geste et des déplacements.

Une phase de Mawari-Geiko a pu laisser à tous le temps de s'exprimer et de mettre en pratique le kihon nouvellement appris (je plaisante).
La consigne avant le jigeiko a été : Sutemi, l'engagement pur, sans retenue et pour les plus mystiques (mais pas seulement), en se détachant de la notion de survire ou de périr, de vie ou de mort.

Le Mitorigeiko, ou l'entrainement en regardant, à mon avis, n'est pas fait pour ceux qui n'osent pas y aller, ni ceux qui ne le sentent pas aujourd'hui, ni ceux qui sont fatigués ou dit autrement, les tires au flan (Caserne militaire oblige ;^)).
Finalement, je pense que le mitorigeiko est fait pour les frustrés, les frustrés de ne pas pouvoir pratiquer, pour raison physique, médicale, carcérale, que sais-je...
Je l'ai vraiment ressenti hier, il faut éprouver, indépendamment de sa volonté donc, une énorme frustration de ne pas y être, pour finalement y participer au moyen du mitorigeiko.
Un entrainement par procuration, oui c'est un peu cela. J'imagine que le fait d'avoir une expérience de l'arbitrage participe un peu à cela.
Je suis donc monté à bord du Kendo des copains, j'ai ressenti leurs difficultés, leurs réussites...
Mais j'ai aussi réussi à monter à bord du Kendô des senseï (de temps en temps), et là c'est énorme !
Pour les gamers, imaginez, un casque à réalité virtuelle, embarqué dans un combat aérien où vous vivez, en passager avec pilote automatique, un combat mené par Monsieur NAGANO comme pilote de chasse

De mémoire, voici la liste de quelques unes de mes observations :

La première de mes observations va à l'ensemble des pratiquants du club de SMK et Pierre qui me connait sait bien que ce n'est pas mon genre de distribuer des compliments à tout va.
Il y a une constante chez tous ceux de SMK présents hier soir. Cette constante n'est pas technique, chacun est différent dans sa pratique ce qui démontre qu'à SMK l'enseignement applique la devise de Monsieur NAGANO : "Djibun no hana o sagase yoi" : Il faut s'attacher à faire éclore la propre fleur intérieure ! (la sienne et celle de ses élèves)
Cette constante c'est un bon esprit dans l'envie de bien faire, l'application, et surtout, l'absence, même d'un seul, des 4 maux du Kendô que sont : la peur, le doute, l'hésitation et la perplexité.
Techniquement : Mention spéciale à Mr TALAZACQ pour son kirigaeshi tsugi ashi (le premier semi statique)

Et puis comme ça vient, et tout de mémoire, preuve qu'il y a eu "impression" :

Vincent LE ROUX, frère de Pierre, pas encore shodan, qui réalise un magnifique tobikomi doh, sorti de nulle part, à FUJISAWA senseï.

Yannick FIANT, sans doute inspiré ;^), qui, après un seme très honorable sur men, développe, plutôt valablement, un harai kote sur le poignet de Monsieur NAGANO.

Yukiko TSUJIMURA-BARDON, après avoir circonvenu plusieurs collègues plus gradés, en mawarigeiko, nous a livré deux superbes keikos avec les senseïs, gonflés de sutemi et d'à propos.

Le KesaGiri de Monsieur NAGANO, ami Iaidokas bonjour, en réponse à une attaque de men, zébrant un peu plus, mais de chaque côté, le Doh de Eric MALASSIS

Deux beaux Keikos, très engagés comme à son habitude de Alain-Nicolas DI MEO. Quelques kote ai uchi men bien dans le timing. Mais bon, à la décharge de INADOMI senseï, il faisait froid et c'était son premier combat. :^)

Voilà c'était, en léger différé du fort Neuf de Vincennes, un petit résumé de mon mitorigeiko d'hier soir (8 décembre 2014).

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