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Le leitmotiv de l'amélioration continue en toute chose
Par Jean-Pierre LABRU, renshi 7e dan de Kendô
Je me suis dit que sur ce sujet là, soit je restais très théorique et sans doute rébarbatif, soit j'en faisais la démonstration par l'exemple.

Le cobaye !

Vous l'avez compris j'ai choisi la deuxième solution. Et donc là, il fallait que je trouve quelqu'un comme un exemple de ce qu'il ne faut pas faire afin d'asseoir mon discours. Le sujet de l'article étant d'expliciter ce que cette personne doit améliorer encore et encore, et surtout comment.
Ne voulant pas me fâcher avec une personne de plus que ceux avec qui je ne le suis déjà ;^) , j'ai choisi l'autoflagellation positive, la critique incessante de moi même, la non satisfaction permanente de ce que je fais... en fait, je me suis choisi comme exemple.
Prenons donc comme support la photo ci dessus qui date du samedi 21 février 2015 lors du stage du Budo XI.
Je suis en train de démontrer kirigaeshi et plus particulièrement, sur cette photo, le premier grand Men. Et d'ailleurs, déjà lors de ce stage et de cet exercice, le ton était donné sur l'amélioration continue et permanente de chaque frappe de Kirigaeshi. La consigne : après chaque sa-yu men, s'arrêter une fraction de seconde et faire un bilan : tiens là mon shinaï a ripé, mon pied gauche est revenu en retard, j'étais en déséquilibre,... avec la détermination suivante : faire mieux lors de la prochaine frappe.
Prenons donc l'exemple de ce Men, le premier grand Men de Kirigaeshi :
  • Impact perfectible du shinaï sur le Men du partenaire : oui ! Etant donnée la partie en contact, on pourrait gagner au moins vingt bons centimètres et donc d'attaquer de plus loin
  • Un fumikomi (frappe du pied) perfectible : oui ! Afin d'être le moins possible soumis à la pensanteur, le pied qui frappe doit se soulever le moins possible. Ici, on ne le voit pas mais on le devine entre 30 et 40cm au dessus du sol.
  • Un déroulé du pied arrière perfectible : clairement oui ! Conformément à ce que disais dans mon post sur le déplacement, c'est d'ailleurs de cette photo dont je parlais, un pied qui déroule hypothèque son timing de retour à la position de kamae.
  • Une synchronisation ki ken et tai perfectible : oui peut être... La photo semble montrer un soucis dans la synchronisation du pied qui frappe le sol et du shinaï qui frappe le Men. Il faut rester prudent sur ce sujet, nous sommes devant une image arrêtée : difficile de juger. Mais on peut toujours améliorer son kikentai. :)
En fait, la réponse à la question, est-ce perfectible ? La réponse est toujours oui...
En donc, quoiqu'on fasse, quelque soit le geste, l'attitude, la technique que l'on réalise, il y a toujours moyen de progresser.

Auto questionnement permanent

Ci dessous, un petit brain storming de tout ce qui peut être amélioré à partir du moment où l'on entre sur le dojo. Il est bien évident que l'on peut s'améliorer dans tout ce que l'on fait même en dehors du dojo.
Avant même d'entrer sur le dojo, la façon de s'habiller. Mon Keikogi est il sans plis dans le dos ? le hakama est il à la bonne hauteur ? Devant et derrière ? Mon tare est il bien positionné ? Mon doh a t il ses cordons bien noués ? En respectant le plat des cordons ?
Quand on entre sur le dojo, on salue. Pourquoi faire ? Le fais-je en conscience ? En conscience de quoi ?
Je porte mon Men et mes Kotes, oui mais de quelle manière ?
Je m'aligne, oui suis-je bien aligné ?
Je me mets en seisa, quel est la jambe que je descends en premier ? Suis en équilibre tout du long ? Ai-je fait du bruit en m'asseyant ?
Je pose mon shinai, mes kotés et mon men, sont-ils alignés ?
La position de mon seisa est-elle correcte ?
Mon Mokuso est il correct ? dans la posture physique ? dans la posture mentale ?
Et mon salut, est il respectueux ? Ai-je bien salué suffisamment longtemps ? Onegaishimasu, oui mais pour quoi faire ? Qu'est ce que veut exprimer avec celà ?
Je mets mon Men, Ok mais les cordons sont ils jointifs et à plat sur mes tempes ? Mon noeud derrière est il fait à l'horizontale et en respectant le plat des cordons ? Ai je bien les yeux en face des trous les plus espacés de la grille ?
Et caetera... Et caetera...

"Fais ce que tu fais !"

(Mme Jacob, ma professeur de Français Latin de 3ème)
Vous voyez, déjà sans avoir réellement commencé la leçon par elle même, nous pouvons à chaque instant se remettre en question sur toute chose. Attention néanmoins, se remettre en question sur toute chose ne veut pas dire tout jeter aux orties ce que nous faisons en permanence. Cela doit être juste le plus souvent de vérifier et de s'apercevoir que tout est bien fait. Et c'est justement le fait de vérifier que c'est bien fait à chaque fois, et ceci depuis longtemps, qui fait qu'on le fait bien sans y penser.
Cependant il faut toujours continuer de vérifier car comme je le dis souvent : "L'être humain a tendance naturellement à aller vers la facilité." Pour contrer cet état de fait, il faut réaliser chaque phase importante en conscience.
J'ai aussi entendu parler de la théorie de la méditation de pleine conscience. Il parait que c'est une méthode de gestion du stress sans pareille... J'imagine qu'il y a un lien avec les petits gestes que font les sportifs dans leur phase de préparation juste avant l'épreuve. Rappeler vous la publicité pour une eau minérale dans laquelle Z. Zidane mettait toujours la chaussette gauche d'abord...
Pour ma part, dans ma façon de mettre le Men, j'ai un geste récurrent qui est de sortir les cordons de mon Men, les dénouer le cas échéant, et les lancer devant moi avec un geste qui, quand il est bien exécuté, dispose les cordons sur le sol en imitant le kanji "Kokoro". Enfin c'est l'idée que je m'en fais...

Conclusion

En fait, cette amélioration continue de toute chose vient de nous. Et bien oui, encore une fois vous pensiez que j'avais une solution miracle ?
Les jours où l'on se sent bien, c'est important d'y penser mais les jours où l'on ne se sent pas bien, c'est indispensable car cela nous permet de nous raccrocher à des points de repères qui peuvent être rassurant.
Et puis aussi, qu'on se le dise, ce n'est pas les jours où l'on se sent bien que l'on progresse le plus, mais plutôt les autres jours quand, se rattachant à tous nos petits repères, on n'abandonne pas et on s'accroche pour donner le meilleur de nous même malgré tout.
Et c'est cette démarche qui est éminemment la plus profitable.

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