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Debana-waza : quand l'intention compte pour beaucoup

Publié le par Jean-Pierre LABRU

Championnats de France 2000

Championnats de France 2000


Certains, dont je suis, pensent que de rechercher à devancer l'attaque représente l'essence même de beaucoup de techniques de sabre.

Ne dit-on pas que les deux mots expliquant toutes les défaites depuis que le monde est monde sont : "Trop tard !" ?!

Devancer, dans ce cas, ne veut pas forcément signifier prendre l'initiative de l'action mais plutôt prendre l'initiative de l'ascendant sur l'intention : prendre le Sen !

Ce sujet, on pourrait l'illustrer au moyen du Kendo mais, tout aussi bien, en analysant un combat de chats. Etant plus expérimenté en Kendo, je vais plutôt développer mon propos à travers le combat au Sabre.

Debana-waza signifie la technique qui utilise l’instant du départ tel un sprinter qui cherche à partir au moment même du coup de feu, au risque de faire un faux départ.

 

Créer du lien

 


Nos disciplines se pratiquent à deux et ceci même si quelque fois le partenaire peut sembler invisible aux non-initiés.

"Ichi gan !" : En premier, il faut bien observer : metsuke !  

Nous observons notre partenaire et il nous observe. Nous savons qu'il sait que nous l'observons et réciproquement.

De notre acuité dépend directement la pertinence et l'actualité des informations que nous recueillons. Dès lors, un lien entre nous est créé et par ce biais, nous "communiquons".

Par notre attitude et notre comportement, notre partenaire et nous, l'un à l'autre, nous nous communiquons nos intentions, nos capacités d'actions, voire d'autres sentiments que nous aimerions souvent garder pour nous.

Jusqu'à ce que, comprendront ceux qui ont vu le film Avatar, nous puissions déclarer à notre partenaire : "Je te vois !".

Ce lien primal, animal, instinctif nous relie durant tout le combat, et ceci surtout sans s'attarder à l'analyse, ce qui hypothèquerait nos actions.

Le ressenti puis l'action sont intimement liés et, celle-ci chevauchant celui-là, nous conçoivent le debana-waza. 

 

"Ichi gan, ni soku, san tan, shi riki"

 


La première disponibilité "Ichi gan" est celle qui, les yeux et le kokoro grands ouverts, nous permet de "voir" le partenaire.

La disponibilité qui suit "ni soku" relève de notre capacité à nous déplacer vers lui au bon moment. A partir du moment où l'on intercepte le partenaire pendant son parcours, un pas mesuré suffit. Il permet un rythme de frappe plus concentré tout en requérant l’engagement suffisant à délivrer la puissance du ki ken tai no itchi.

En troisième "san tan" vient le courage, la détermination, la confiance en soi et l'engagement dans l'action.

En quatrième seulement arrive "shi riki" : l'habilité technique : en un seul temps, une coupe précise et intense : Sae !

 

Intuiter le rythme

 


Notre acuité de perception nous renseigne en temps réel sur les différents rythmes du partenaire : mouvements, déplacements, pensée, respiration, battements de cœur…

Et quand il y a un rythme, il existe un contre-rythme : le contre-temps appelé aussi le temps faible.

Le rythme d'un mouvement d'attaque débute lors de la prise de décision, se poursuit par l'abandon du Kamae pour lancer la frappe et dure jusqu’à l'impact du shinai sur la partie adverse.

Le déclenchement de ce processus de décision et d’action impose, par essence, que toutes ses composantes anatomiques et mentales soient toutes calées sur le rythme que nécessite la coordination de l'ensemble.

Une fois ce rythme bien assimilé par nos soins, l’anticipation du lancement du mouvement devient possible ; le contre-temps nous permet alors d'intercepter le partenaire à mi-chemin de son mouvement pendant son « temps faible ». 

 

Le travail

 


Les qualités d’empathie requises par le debana-waza demandent un volume de travail certain.

Notre talent d’observation, le développement de notre acuité, cela va sans dire, se travaillent à partir du moment où l’on ouvre les yeux le matin et surtout à partir du moment où chaque image remontée au cerveau suscite une analyse inconsciente provoquant une émotion : « Tiens, il a l’air en forme aujourd’hui ! ».

La captation des différents rythmes relève plus d’une notion musicale, tout autant que la compétence à intuiter les trajectoires peuvent être acquises par l’exercice des sports à trajectoires comme les sports de balles.

La somme des deux donne une excellente capacité de lecture des contre-temps. Et quoi de mieux que le travail de motodachi pour s’améliorer sur ces points ?!

La concision de frappe dans un espace-temps contraint : cela consiste à concentrer une attaque standard, compressée en un rythme et un déplacement le plus resserré possible, permettant ainsi la puissante précision spatio-temporelle indispensable au debana. 

 

Debana-waza, c’est faire la somme de tout cela

 


Des acuités réciproques nait le lien. A travers ce lien, les intentions s'expriment, s'opposent, s'affrontent. Une frappe va se développer, elle est perçue avant même qu'elle ne soit lancée.

L'opportunité, le contre-rythme, la détermination, l'habilité technique et la densité de l’attaque font le reste.

Attaquez l'intention du partenaire : "Si tu lances une frappe, je te devance en debana !" ; et d'un niveau suffisamment avancé, il vous perçoit et souvent, il fait de même.

Que voilà une belle et fraîche opposition réciproque du Seme !

 

(Article aussi publié dans la revue Kendo Mag éditée par le CNKDR)

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Les états de conscience de l'ôjiwasa

Publié le par Jean-Pierre LABRU

(Photo Alejandro Guerrero)

(Photo Alejandro Guerrero)

L'ôjiwaza, est une réponse technique à une attaque venant du partenaire : une contre-attaque. Ôji vient de verbe ôjiru répondre, réagir. Waza : la technique.

Que les mots, par leur étymologie seule, peuvent être insuffisants à traduire les nombreuses dimensions d'un concept ! 
Les ôjiwaza sont très présents dans nos disciplines ; on pense au Kendô, où le terme semble plus utilisé, mais en proportion d'utilisation au quotidien, en premier vient le Iaido, le Jodo, puis sur un même plan le Kendo, le Naginata et le Chanbara. Pour ces 3 dernières, le pratiquant décide (ou est en mesure) d'utiliser ou non des ôjiwaza. On peut être expérimenté, fort et mature tout en ne pratiquant que les shikakewaza "attaques directes".
Pour les shikakewaza, de nombreuses répétitions en uchikomi/kakarigeiko peuvent suffire à en développer une compétence solide ; En revanche, pour un apprentissage en conscience de l'ôjiwaza, le travail à travers le kihon dans toutes ses composantes est indispensable. Il n’existe aucun pratiquant de haut niveau, maitrisant l'ôjiwaza, qui n’ait acquis préalablement la compréhension esprit/corps délivrée par le kihon. 

 

L'apprentissage en conscience

 

Comme beaucoup de techniques, les ôjiwaza demandent une bonne coordination, un maniement précis du sabre et un déplacement adapté. Mais cette fois-ci, les trajectoires et déplacements sont au millimètre et dans un timing au millième de seconde. Le maniement du sabre intègre souvent les "prises de fer" (interactions) avec le sabre du partenaire. Le te no uchi, ou "sentiment du fer" comme il est appelé en escrime, devient alors prépondérant durant la technique elle-même et non pas uniquement lors de sa conclusion : la coupe.
En premier, il conviendra d'apprendre à utiliser au mieux son corps et son sabre. C'est encore mieux quand les deux se meuvent de concert. Les amplitudes de déplacements de corps et sabre seront, au maximum, élargies afin d'acquérir trajectoires, fluidité ainsi que les mobilisations mentales et physiques nécessaires (Ki). Il est capital d'appréhender finement les trajectoires corps/sabre de nos partenaires ; un peu comme on peut comprendre l'effet qui a été donné, dans un sport de balles, à travers le décryptage instantané du geste du joueur. La compréhension fine de la trajectoire permet, au meilleur moment, d'intercepter ou se soustraire au sabre du partenaire. Finalement, la qualité d'acquisition de la technique d'ôjiwaza dépendra de la conscience investie dans tous ces aspects de l'apprentissage.

 

Pas de bel ôjiwaza sans un bon motodachi !

 

Le motodachi n'aura de cesse que de recréer la situation réelle du combat et ainsi mettre l'ôjiwaza dans son élément contextuel le plus véridique.

Le motodachi, uchidachi, s'efforce d'oublier qu'il va recevoir ôjiwaza, et se concentre sur sa frappe le plus sincèrement possible. Réaliser ceci correctement n'est pas une question de niveau : venir chercher le sabre de shidachi dans le men de Gohonme du Kendo no Kata est très courant quel que soit le grade. C'est humain de s'adapter à la situation, on vient à la rencontre du sabre de shidachi pensant inconsciemment aider à la réalisation.

"Inconsciemment"… Là est le vrai travail sur soi : aiguiser sa conscience !

 

Misez sur le rythme : la vitesse n’est qu’illusion !

 

Travailler prioritairement à vitesse réduite, afin de bien assimiler nos propres rythmes bien sûr, et très vite, de s'attacher à percevoir et intégrer ceux du partenaire. Selon les ôjiwaza, les rythmes d'action (timing) sont différents.

Tout d'abord, le rythme sera appréhendé à travers le concept qui considère la réponse comme faisant partie de la question. En effet l'ôjiwaza n'attend pas l'attaque de l'autre, il compose sur celle-ci, selon des rythmes différents en fonction des techniques utilisées.

Ci-dessous, une illustration des rythmes selon les techniques, l'attaque comme une question "Quelle heure est-il ?" et ôjiwaza comme la réponse "(10h!!!)" :

  • Debana waza* : Attaquer dans l'intention de l'autre 
    • Quelle (10h!!!) heure est-il ?
  • Suriage waza : Faire dévier le sabre de l'autre, glisser en montant et frapper 
    • Quelle heure (10h!!!) est-il ?
  • Kaeshi waza : Recevoir la frappe de l'autre et lui retourner 
    • Quelle heure est (10h!!!) -il ? 
  • Uchi-otoshi waza : Choquer vers le bas l'attaque de l'autre et frapper 
    • Quelle heure est-il (10h!!!) ?
  • Nuki waza** : Se soustraire à l'attaque de l'autre et frapper 
    • Quelle heure est-il ? _(10h!!!)

*Debana n'est pas classifiée comme un ôjiwaza, cela dit, prenons ici comme référence le rythme du debana pour expliquer l'ôjiwaza et surtout son état d'esprit : ne pas attendre, aller au-devant !
** Concernant le cas particulier de Men nuki Doh : il s’intercale entre le debana et le suriage.

 

Une meilleure réponse pour avoir su susciter la question

 

L'ôjiwaza étant une réponse, il repose sur une question. Avez-vous remarqué combien il est plus aisé de répondre à une question à laquelle on s’attendait ?

Savoir quelle technique va être réalisée (quoi), à quel moment (quand) et de quelle manière (comment) est la chose la plus difficile à obtenir. Pour mener à bien l'ôjiwaza, on maîtrisera les quoi-quand-comment mais aussi on saura attirer le partenaire dans une attaque "à corps perdu". 

 


"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible." (A. de Saint-Exupéry)

 

Et dans notre cas, tout le travail va être de rendre "plus que possible" cette attaque que l’on souhaite de nos vœux. Pour que le partenaire attaque à "corps perdu", sans hésitation, notre kamae doit comporter une faille suffisamment "appétissante", un piège à miel, ou comme nous l'illustre HIRAKAWA Nobuo sensei :"Chocolat …??? ==> Pas chocolat !" où l'ôjiwaza s'est refermé sur le gourmand.

Le phénomène de l'arroseur arrosé arrive parfois : croyant faire un debana men je me trouve contré en kaeshi-doh par mon partenaire ayant gagné, pour cette fois-ci, le jeu de chifoumi/kendô. Le chifumi : une compétence à développer ?

Un ôjiwaza comporte donc un pari sur le quoi-quand-comment ; Mais surtout ne pas attendre de savoir si le pari est gagné avant d'actionner sa technique d'ôjiwaza : agir avec les "yeux de la foi", la foi en soi, en ses choix contextuels et techniques de l'instant.

La technique même de l'ôjiwaza ne représente "que" de l'apprentissage psychomoteur et s'acquerra par le travail en kihon notamment. 

 

La conscience d'un ôjiwaza réussi 

 

Au préalable l'apprentissage de soi, de l'autre, des rythmes et des trajectoires : s'y prendre quelques années à l'avance car la somme des acquisitions est conséquente.
Prenez le Sen, c'est le chifumi appliqué au Kendo.
Construisez et provoquez l'avenir qui convient à y apposer votre ôjiwaza.
Croire en vos chances, foncez et savourez le beau zanshin de l'ôjiwaza ainsi réussi.
 

 

(Article aussi publié dans la revue Kendo Mag éditée par le CNKDR)
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Shodachi, ce moment qui imprime les esprits

Publié le par Jean-Pierre LABRU

Théâtre Athénée Louis Jouvet (Paris IXème)

Théâtre Athénée Louis Jouvet (Paris IXème)

Nous connaissons tous la citation de Mademoiselle, Coco Chanel : “Vous n'aurez pas deux fois l'occasion de faire une première bonne impression !”.
 
Nous pourrions en rester sur ces mots pour décrire le Shodachi ; Et pourtant cet article m'a paru nécessaire. En effet, il est communément reconnu par les senseis Hanshi japonais que le Shodachi représente jusqu'à 80% de leur jugement dans l'attribution d'un haut grade (à partir de 6e dan).
Mais en quoi diable, Shodachi : le premier échange, la première coupe, peut-il représenter autant de valeur et ne laisser que 20% d'importance aux 80% de temps de prestation restant ?
 
Nous avons déjà entendu dire certains Senseis que, pour continuer de progresser malgré la novicité de leurs partenaires, il était fondamental pour eux de travailler à prendre systématiquement le Shodachi sur chacun d'eux, quitte à leur laisser faire uchi-komi par la suite. Il se raconte également que quand l'un des deux protagonistes a significativement pris l'avantage lors du Shodachi, l'autre ne pourra que poursuivre l'irrattrapable durant tout ce qu'il reste du combat. Psychologiquement infériorisé, lancé dans une quête désespérée, il s'en trouvera dangereusement exposé aux techniques de son partenaire.

 

Ichi go Ichi é : "De toute une vie, une unique rencontre"


Une nouvelle fois ce concept cher à la mentalité japonaise nous revient et cette fois-ci s'entremêle avec la notion de Shodachi.
 
Que cela fut en occident ou en orient, quand deux bretteurs se retrouvaient sur le pré pour un duel, la rencontre, en tous points, devait immanquablement être unique. De nos jours, au-delà des passages de grades, la première rencontre, le Shodachi du premier keiko entre deux Kenshis expérimentés laissera des traces : les bases de leur relation en seront à jamais jetées. Au Japon, en raison du nombre de pratiquants hauts gradés, il n'est pas rare de rencontrer pour la première fois le jour même, ses partenaires de passage de grade. Il serait tellement dommage de se renfermer sur son propre ressenti et de perdre ainsi l'occasion de vivre pleinement cet instant précieux.

Lors de ma participation de 2019 au Kyoto Taikaï, j'ai rencontré un Kenshi inconnu lors du Tachiaï au Kyoto Butokuden. Etant extrêmement déçu de ma prestation, je n'ai pas vraiment profité de mon échange d'après keiko avec lui. En fait, non content de ne pas être suffisamment allé à sa rencontre pendant le keiko, j'ai récidivé lors des civilités d'usage. Notre échange ne s'est limité qu'à de trop laconiques félicitations pour que je ne m’en tienne pas rigueur après coup. C'est à la suite de cette expérience que j'ai mieux perçu la valeur de Shodachi et de Ichi go Ichi é. 


Mondes parallèles 
 

Un ami musicien m’a confié que lors d'une prestation sur scène, le premier morceau joué avec le groupe scelle le destin du concert. D'une part, il amorce l'alchimie entre les membres du groupe mais aussi permet d'initier la qualité de la connexion ainsi que la proximité avec le public. D'excellentes vibrations lors du premier morceau garantiraient la plénitude d'un grand moment de musique partagé.
 
Edifiant : Le grand Louis Jouvet explique "l'attaque" d'une scène au Théâtre : "Elle est essentielle. Elle doit être forte, nette, saisissante pour le spectateur qui est ainsi instantanément plongé au cœur même de la situation dramatique. Ce qui compte est "d’attaquer juste" !". Et quand on sait que le mot shinsa, que nous traduisons par "examen de grade", peut également être compris comme une "audition" (pour un rôle), le parallèle avec les arts de la scène est tout trouvé. Et surtout ne vous méprenez pas sur mes paroles, il n'est pas question de tenter d'être quelqu'un d'autre, de jouer un rôle lors d'un passage de grades, mais il s'agit bien de produire, à travers sa prestation, l’expression d’une version magnifiée de soi-même.
 


Préparez vos prochains Shodachi 
 

Cette version magnifiée de nous-même provient du plus profond de ce que nous sommes. 
OKADA Morihiro Hanshi disait ceci : "Le Kendô ne rend pas meilleur, il rend simplement plus fort !"
Ce qui, dans le cadre du Shodachi, peut se comprendre aussi : l'étincelle de ce que nous pourrons faire de mieux un jour est déjà présente en nous-même aujourd'hui. Notre prochain Shodachi ne commencera pas le jour J avec le premier Kiaï, ni même avec le salut, ni même avec le harnachement de l'armure : notre prochain Shodachi commence dès à présent, selon comment les concepts de cet article résonnent en nous. 

La technique que, sans en avoir conscience, nous choisirons au moment crucial ne sera que l'émanation de nous-même, notre état d'esprit, notre préparation permanente. Un guerrier vivant de son sabre se devait d’être prêt en permanence à engager sa vie. Y être prêt en permanence, impose de s'y préparer en permanence. Mais aussi, savoir qui l’on est, ce que l'on vaut, s'assumer comme tel intégrant chaque composante de nous-même qu'elle soit valorisante ou non. 
Et au moment de l'action, gonflé de Kiaï, s’il ne subsiste en nous aucune culpabilité ni regret d'être ce que nous sommes, nous serons alors immunisés face aux 4 grands maux que sont Kyo, Ku, Gi et Waku : la surprise, la peur, le doute et l'hésitation ; Le Shodachi viendra de lui-même.
 


"L'expérience est une lanterne qui n'éclaire que le chemin parcouru."  Maître Kong (Confucius)
 

L'expérience ne se transmet pas en tant que telle ; Les Senseis ou Shido (guide) peuvent nous l’inspirer, la susciter, la motiver en nous, nous y encourager… Et pour nous-même, il s’agit de la conquérir à travers la confrontation, investie et sincère ; Confrontation à l’autre et aux situations. Telle est l'éducation dans le Budo.

En conclusion, quand un sensei cherchera à prendre le Shodachi sur vous, surtout faites-en autant ! 
La qualité de l’expérience que vous renverra le sensei sera fonction de la sincérité de l’engagement investi par vous dans cet échange.

Alors, attaquez inlassablement le Kamae du sensei, confrontez-vous à son Seme et frappez !

 

 


(Article aussi publié dans la revue Kendo Mag éditée par le CNKDR)
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